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Le département du Nord, et particulièrement la ville de Lille, ont fourni un grand nombre de graveurs distingués, bien que nés à Lille, appartiennent à la France entière par la généralité de leur talent, leur séjour dans la capitale. Durig, au contraire, quoique né hors de notre département, lui appartient tout entier par un long séjour et par ses ouvrages, qui tous retracent des lieux et des hommes du Nord.
Jean-Joseph Durig, naquit à Strasbourg le 13 octobre 1750; il était l'aîné des vingt enfants de Jean Durig, maître tourneur, né à Tschagguns, au Tyrol. Le jeune Durig avait un goût naturel pour le dessin ; son père eut le bon esprit d'entretenir ces dispositions et de lui faire apprendre cet art qui devait un jour servir à lui créer une existence honorable. En 1768 , Durig s'enrôla comme faisant partie du corps de musique du régiment d'Auvergne. Il n'avait alors que dix-huit ans , et il trouva le moyen d'améliorer sa position en donnant des leçons de dessin aux plus jeunes officiers de son régiment. Son goût pour la gravure se développa; il apprit seul, et ses premiers essais furent tentés à l'aide d'une alêne de cordonnier qui lui servit de burin. Peut-être est-ce à ces essais et à l'imperfection de ses premiers instrumens qu'on doit lasécheresse et la dureté de trait qui lui sont restées. Un orfèvre qu'il fréquentait lui ayant fait connaître les outils nécessaires à un graveur, il fit bientôt des progrès rapides. En 1771, il se maria, et deux ans après, la majeure partie du régiment d'Auvergne devant s'embarquer pour l'île de Saint-Domingue, Durig racheta les quelques années de service qui lui restaient à faire et il s'établit graveur à Valenciennes. De 1773 à 1776, il y burina une foule d'armoiries, de cartouches, d'emblèmes, de cartes d'adresses et de divers cachets de commerce; mais sa pièce la plus considérable gravée est le grand'cartouche de la cassette contenant quatre pièces de fine batiste dont Valeuciennes fit hommage à la reine Marie-Antoinette en décembre 1778 : dans cette gravure, se trouvent une vue de la place d'armes de Valenciennes telle qu'elle était en 1778, une autre d'une des portes de la même ville, et les armoiries du Roi, de la Reine, du prince de Tingry, gouverneur de la ville, et de M. Senac: de Meilhan, Intendant du Hainaut. De Valenciennes, Durig alla demeurer à Strasbourg où il resta huit années; de là il s'achemina vers Paris. Enfin, vers 1785 il vint se fixer à Lille.  Gravure du Marché aux poissons à Lille (démoli lors de la percée de la rue de la gare) - © B.M.L. Après avoir successivement dévoué son burin la famille royale, aux francs-maçons, aux hommes et aux faits des Révolutions belge et française, à la gloire de Napoléon et aux monurnens de sa ville d'adoption, il mourut le 16 février 1816, à l'âge de 65 ans et demi, en laissant un fils qui lui a succédé pendant vingt ans dans sa profession de graveur et qui vécut à Wazemmes.
Quelques principales pièces gravées par Jean-Joseph Durig , pendant un séjour de plus de trente ans à Lille :- Ascension de la nymphe aérienne qui s'est faite le 1er janvier 1787, sur la place du quartier des Buisses, à Lille;
- Clocher de l'église métropolitaine de Cambrai, 1810, placé en tête de l'Annuaire du département du Nord pour l'an XII;
- Pyramide de Cysoing, 1804. Frontispice de l'Annuaire de l'an XIII;
- Tombeau du préfet Dieudonné. 1806, l'architecte Verly, dessina ce monument que Durig a gravé pour servir de frontispice à l'Annuaire de 1806;
- Pont Napoléon à Lille. D'après Deswarlet;
- La salle de spectacle, de Lille. 1810.
- Marché au poisson, à Lille, d'après Deswarlet;
- Manège de Lille;
- Champ de repos de Séclin, d'après Deswarlet
Durig a encore gravé plusieurs diplômes de loges maçonniques, une foule de vignettes et un grand nombre de gravures sur bois pour les jeux historiques. Son talent n'était pas borné à la gravure au burin ou à l'eau forte; Durig grava sur pierre et sur métaux. - Loge de Thémis, orient de Cambray. Médaillon.
- Médaille de la confédération des départements du Nord, du Pas-de Calais et de la Somme, à Lille, le 6 juin 1790;
- Médaille de Napoléon gravée pour l'exposition des produits de l'industrie française en 1806;
- Médaille de la Loge de la parfaite Union à l'Orient de Valenciennes;
- Médaille de la Loge de l'' heureuse Réunion à l'Orient de Lille;
Sources : Archives historiques et littéraires du nord de la France.
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